Da chicken in the fresh morning

Epilogue

Paris
26 Juin 2012

Ceci est mon dernier article puisque ce blog avait pour fonction de donner de mes nouvelles de mon échange à Séoul et que je suis rentré hier soir.
Je n’ai pas voulu nommer ce dernier article “conclusion” car je sais que je n’en ai pas terminé avec l’Asie. J’ai visité la Corée et pourtant j’y ai encore de nombreuses choses à découvrir (4 mois étant trop court). J’ai fait un passage éclair en Chine qui m’a également donné envie de la visiter et j’ai rencontré des amis provenant d’environ tous les pays d’Asie qui m’ont donné envie d’y retourner pour les visiter et découvrir les diverses cultures et pays de l’Asie Eternelle.

Un peu dépaysé depuis mon retour, je sais qu’il va falloir que je me réhabitue à de nombreuses choses qu’on oublie facilement lorsqu’on est en échange; lorsqu’on est en Asie. Je vais commencer un stage en entreprise puis ma dernière année d’étude d’ici peu et j’ai l’impression d’être au bord d’un gouffre dans lequel j’aperçois les eaux tumultueuses de mon avenir, de ce qui est familier et qu’il faudra réapprivoiser durant mon retour à la réalité. Je vais y plonger tout comme j’ai fait le plongeon en Asie, et bien que j’en sois revenu, j’y ai laissé une part de moi, ou plutôt un peu de Corée restera toujours en moi. Les eaux tourbillonnantes sur lesquelles je me penche glannent avec elles non seulement le Gave, mais aussi du Saint Laurent, et désormais un peu du Han. 

Il est temps de se réveiller et de se remettre au boulot. Mais comme l’a si bien dit Chris avant de partir: “It’s been real”, et j’ai bien l’intention d’y retourner.

Secret Garden

100 heures

Je viens de terminer mes exams. C’était assez hardcore parce que bon, Sogang est la première université en Business donc il faut quand même bosser. Depuis que j’ai terminé j’ai commencé à faire une Bucket List pour profiter au maximum de mes 100 dernières heures à Séoul.

Dans cette liste apparaissaient des questions dont j’aimerai trouver les réponses avant de partir. Je me suis alors aperçu que j’avais passé bien trop de choses sous silence et c’est pourquoi, à cent heures de mon départ, j’ai décidé de faire l’inventaire des remarques et faits divers qui ont pu m’étonner en Corée (la liste étant fastidieuse, elle sera probablement non exhaustive):

  • Trouver une table libre dans un café ouvert 24/7 à deux semaines des exams est impossible: en effet, trouver ces cafés est simple, mais ils sont blindés de coréens en train d’étudier.
  • Pourquoi tous ceux qui s’essayent à manger du chien (parce que je pense qu’il faut essayer au moins une fois, mais cette fois m’a suffit pour le reste de mes jours), ont une tête de psychopathe: 
  • Pourquoi les Coréens ne répondent jamais non (Anio) à une question?   
  • Pourquoi quand vous demandez à un(e) coréen(ne) si vous pouvez le revoir il/elle répond systématiquement:”Si j’ai le temps”?
  • A Séoul on trouve des dogs cafés, des cat cafés et aussi, mais surtout: des Hello Kitty Cafés.
  • Séoul et la Corée ne dorment jamais. On peut se faire livrer un poulet sur une plage à 45 minutes de toute civilisation à 3h du matin, mais tu ne retireras point d’argent après 22H! Les distributeurs sont des sortes de Mogway qui refusent, si tu les nourris de ta carte après 22h de subvenir à tes besoins de griemlins.
  • Si un type en costard s’assoit à ta table à 3h du matin dans un bar, il est sûrement saoul et très probablement président de sa propre boîte.  
  • Pourquoi passé 60 ans toutes les coréennes portent une visière, un masque, des lunettes de soleil, un châle et une ombrelle?
  • GS25 est la deuxième maison de tout étudiant qui se respecte.  
  • Qu-est-ce qui est présent dans le râmen qui le rend si addictif?
  • Chaque poteau électrique fait la jonction d’environ 8962 cables électriques.  
  • Il est possible de monter à 9 dans un taxi et demander au chauffeur: Pali! Pali! (vite vite) vous donnera les même sensation qu’une course de Pod Racer dans Star Wars.
  • La téloche coréenne comprend trois types de programmes: Les news, Un feuilleton s’apparentant à Plus belle la vie en plus triste (du moins la musique est triste) et la Star Academy coréenne (et ses multiples dérivés). 
  • Pourquoi est-ce que le concept de la carafe n’est pas encore arrivé dans les restaurants coréens? (on doit se lever toutes les 10 minutes pour aller remplir son verre).
  • Où que vous soyez en corée, vous pouvez toujours réclamer M. Kim. S’il n’est pas là, vous pouvez demander M. Lee.  
  • 99% des produits quotidiens utilisés en Corée proviennent de Samsung/ Hyunday/ Kya.
  • La K-pop n’est pas un mythe.  
  • Être pris en photo par des gens dans la rue est normal parce que vous êtes étrangers.
  • Si vous n’aimez ni le poulet ni le barbecue, vous risquez de mourir de faim tous les weekends.
  • Les motos ne font pas la différence entre la route et le trottoir.  
  • Les fans de La petite maison dans la prairie peuvent exprimer leurs goûts vestimentaires aussi bien que les fans de Lady Gaga, voire même mieux.  
  • L’autre jour je me suis fait réveiller par des nones chantant du rock sous ma fenêtre.
  • Pas de sexe avant le mariage, mais les DVD bangs (lieux dans lesquels on peut louer un “salon” très confortable pour regarder des films avec ses amis) sont la plus grande hypocrisie de l’histoire et je connais personne qui y a regardé un film en entier.
  • J’ai pas trouvé d’alcool de serpent.
  • Les coréens jurent très peu.
  • Qu’est-ce qui pousse certains restaurants à jeter leurs ordures juste devant la porte d’entrée? Ils devraient probablement suivre un cours de Marketing 101.
  • Où que vous soyez à Séoul, il y a à moins de 100 mètres de vous un Nolibang (karaoké coréen) et un PC Bang (pour aller jouer à Starcraft ou à PES à n’importe qu’elle heure de jour ou de la nuit).
  • Trouver une poubelle est difficile.
  • Fumer dans la rue en dehors d’un coin fumeur est mal vu mais vous pouvez fumer dans tous les bars/boîtes/restaurant.
  • Ne pas tenter les canettes dont vous ignorez ce qu’elles contiennent (sauf si vous voulez boire des jus malsain).
  • Un repas: 1000-2500 wons une pomme: 1000-5000 wons (oui, j’ai vu une pomme à 5000w) cherchez l’erreur.  
  • Pourquoi certains bancs du centre-ville sont tunés avec des néons?
  • On trouve ce genre de pubs pour de la chirurgie esthétique absolument partout:
  •  
  • Voir des matchs de starcraft en prime time dans les bars est tout à fait envisageable.
  • Être un geek est normal.
  • Il est possible d’acheter des chaussettes tous les 25 mètres, mais ce ne sont que des chaussettes pour filles.
  • Idae, le quartier se trouvant à côté de l’université féminine d’Ewha comporte approximativement 60 magasasins de chaussures offrant exactement les même produits et concentrés dans 200 mètres carrés ==> Ce quartier semble défier toutes les lois du marketing et de l’économie puisque les gens ont l’air de vivre correctement.
  • Après 4 mois, une fourchette et un couteau pour manger me manquent.   
  • Pourquoi les coréens ne connaissent-ils pas le sel?
  • Pourquoi la chaîne de “boulangerie”-pâtisserie Paris Baguette ne vend-elle pas de baguettes?
  • Comment les coréens peuvent décemment penser que ne pas dormir pendant 3 jours pour réviser un exam va les aider alors que ça leur fait juste rater des cours important? 
  • Si ça ressemble à un légume et que vous n’êtes pas capable d’identifier lequel, c’est du chou chinois fermenté d’une manière ou d’une autre.
  • Si un coréen vous dit de ne pas faire quelque chose, cela signifie que vous l’avez déjà fait.  
  • L’autre jour moi et mon pote Chris on s’est fait molester par un vieil épicier coréen complètement barjo.
  • Le soju coûte moins d’un euro et est donc moins cher que la bière.
  • Quand on demande à un sud coréen s’il a peur de la Corée du Nord il rigole.
  • Les coréennes ont un rire qui sonne faux.
  • Pourquoi Sogang est-il le seul endroit où McDonald’s refuse de livrer?
  • Il a dit quoi?
    -On ne peut pas boire ici.
    -Pourquoi?
    -Je sais pas.
    -Donne lui une bouteille.
    *S donne une bouteille de bière au policier*
    -Truc en coréen
    -Il a dit quoi?
    -Apparemment on peut boire ici le temps qu’il finisse sa bouteille.
  • Danser en groupe sur le campus à chaque pause est normal en corée
  • "Je peux pas, j’ai plongée sous marine" est une véritable excuse à Sogang

Si vous êtes arrivés là, vous trouverez en dessous quelques vidéos diverses qui complètent cette liste.

 

Une vidéo qui ne sert à rien pour montrer un objet coréen qui apparemment ne sert à rien non plus: 

La corée, c’est aussi l’endroit où on peut agréablement manger du poulpe énervé et ça c’est stylé! Bien entendu, si on ne mâche pas assez le tentacule reste énervé, remonte dans votre oesophage et vous mourrez en suffocant (c’est ce qui s’appelle vivre dangereusement). Mais comme j’ai survécu, voici la vidéo (coriace, le bougre a posé ses ventouses à l’intérieur de ma joue, sur une de mes gencives, et sur mes dents). Si ce bon vieux Bear Grills était là, il ne manquerait pas de vous dire que c’est plein de protéines.

une coréenne jouant du 가야금 (Gaya-gup) (je vous avais promis la vidéo mais n’avais pas pu la poster avant).

A day in the life

Aujourd’hui je vais vous montrer à quoi ressemble la journée type d’un étudiant en échange à Séoul. J’ai donc pris des photos toute ma journée afin de vous donner une idée du campus qui est bien rock’n roll:

Camera One:

 

Dusche:

On the floor:

 

Through the window: 

Walk on: 

 

Laudry:

 

 La Cantina:

 

 What’s the story (morning kimchi):

Tuna break:

Plus belle la vie coréenne:

Campus:

(campus extra:)

Class:

Flash Mob

On the road again:

 

 

 

Râmen…

 

Here we go again: 

 

 

Taekwon do:

 

On the track:

 

Western menu

Nightlife:

Noribang!

  

 The End.

Avec ça vous pouvez voir un peu mieux à quoi ressemble une journée à Séoul. 

Mais hélas, ce ne sont que des photos. Si vous voulez vraiment vous en rendre compte, je vous sugère de venir voir de plus près à quoi ressemble la Corée. 

Jeju Do

Il y a quelques temps je suis allé à Jeju Do.

Pour les profanes, Jeju Do c’est un peu la Corse de la Corée mais en plus joli, avec moins de fromage et plus d’échalottes. Là bas, tout est mieux. Les paysages sont plus jolis, le Soju a une couleur différente, les barbecues sont fait avec du porc sauvage et donc délicieux. Même moi je me sentais meilleur (ceci dit, c’est peut être du à mon légendaire chapeau en cuir de kangourou)

Jeju Do est considéré comme l’une des sept merveilles de la nature. C’est donc armé de mon appareil photo que je me suis aventuré sur ces terres. Hélas, un rocher a mangé mon appareil photo et paradoxalement c’est mon appareil qui ne l’a pas digéré. Plus de photos. J’ai donc attendu de pouvoir récupérer les photos d’une amie (on remercie bien gentiment Bohmee qui possède tous les copyrights) afin de vous montrer un peu à quoi ça ressemble (je dis un peu parce que quelques photos ne suffisent pas à vous montrer à quoi ressemble Jeju). Pour voir ces photos regardez en dessous de cet article.

Pour ma part, la seule photo que j’ai pu sauver est celle d’un lever de soleil sur la mer (le premier que j’ai pu voir puisque mon Sud Ouest natal ne m’a toujours béni que d’un crépuscule) . A regarder en écoutant “Here come the sun” des Beatles. C’était magique.

 

Pour les photos en dessous, vous trouverez en vrac une mamie qui porte son chien, Jeju dans tous ses états (on voit peu à quoi ressemble l’intérieur de l’île, mais globalement c’est assez joli et rempli de champs délimités par des murets en basalte (vu que c’est à peu près le seul type de roche qu’ils ont). Vous pouvez admirer quelques chutes d’eaux, mon auberge de jeunesse (Joseph Tree Guest House, que je recommande fortement) et l’intérieur d’un bar pirate assez mythique.

Bref faites vous plaisir. 

Blossom Cherry forever

Let me take you down, 

cause I’m going to…Blossom Cherry! 

Nothing is real, and nothing to get hung about…

Blossom Cherry forever! Blossom Cherry forever!

 

Bon, je sais que je n’ai pas écrit depuis un moment, mais mon appareil photo n’est pas très bon pour les photos nocturnes donc j’attendais de récupérer celles d’une amie qui m’a accompagné aux cerisiers en fleur.

Comme vous pouvez le voir c’est assez stylé. Malheureusement ça ne dure qu’environ trois semaines (et c’était il y a déjà un mois) et les fleurs étant très fragiles, elles s’envolent au moindre courant d’air. J’ai eu de la chance, j’y suis allé la veille d’une belle averse qui a tout mis à terre.

Et comme on ne s’en lasse pas, voici quelques cerisiers (quelques car il y en a vraiment partout) de mon université:  

  

 Après cette brève période, j’ai eu droit à une période de révision assez intense (raison de ma disparition du blog) parce que pour parvenir à avoir des notes correctes il faut bosser en Corée. Et comme on est en compétition avec des coréens qui n’ont pas de vie sociale c’est pas vraiment évident.

Pendant que je révisais dehors histoire de profiter un peu du temps, j’ai pu faire un break et regarder une coréenne jouer du 가야금 (Gaya-gup) et c’était assez sympatoche. Pour les néophites et autres profanes, voici ce que j’ai pu filmer (voir en dessous de l’article).

Après ça mes exams se sont passés (plus ou moins bien parce que les profs en corée sont fourbes). Et j’ai pu profiter d’un peu de répit pendant lequel j’ai pu faire quelques trucs bien sympa. J’ai eu l’occasion de faire une rando avec mon club de taekwondo. Nous avons donc joyeusement gambadé main dans la main sur les restes des anciennes murailles qui entourent Séoul. Néanmoins, la définition coréenne de randonnée se rapproche pas mal de ce que nous autres, occidentaux naïfs, appelons escalade. Je n’irai pas jusqu’au terme “Alpinisme” parce que je ne portais pas de harnais, néanmoins devoir monter à la corde et s’aider des mains durant 90% de l’ascenscion laissent supposer qu’il s’agit plus d’escalade. Mais la vue était magnifique et j’ai passé un super moment avec les coréens.

 

 

Pour une raison qui doit être évidente pour les coréens mais qui échappe totalement à ma logique, entre trois panneaux indiquant des sommets, on trouve celui-ci indiquant la direction d’une université. Si tu es étudiant et perdu dans la montagne en retard pour les cours, ne t’en fais point! Le chemin est par là. Ce qui m’échappe encore plus c’est que vu le chemin, vous devriez troquer votre sac de cours par un parachute parce que la descente ressemble à un spot de base jump. 

Après la rando, nous sommes allés manger du poulet bouilli avec une sorte de pizza au calmar (n’étant pas fan des calmars je me suis surtout focalisé sur le poulet), tout en s’envoyant quelques bols de Magkoli derrière la cravate (qu’aucun de nous ne portait vu qu’on était en randonnée)

 

Depuis j’ai visité pas mal de musées mais je ne vais pas vous exposer tout ce que j’ai pris en photo parce que ça fait vraiment un paquet, mais si vous mettez un jour les pieds à Séoul, je ne peux que vous conseiller d’aller au Seoul Art Center, au Trick Eye Museum (très amusant avec des potes puisqu’on peut se prendre en photo devant des trompes l’oeil) et au Museom of Art.

J’ai donc fait une sélection d’une photo par site, pour le reste, si ça vous intéresse, je vous ferai un joli paquet cadeau sur Fb:

SAC:

 

Trick Eye Museum (avec l’aimable participation d’un pote):

 

MoA: L’oeuvre d’art la plus malsaine de l’univers: On ne le voit pas sur la photo, mais les cous bougent et bien entendu l’atmosphère est, grâce à la musique accompagnant l’oeuvre, des plus horrible.

 

Enfin, je vais m’adonner à mon passe temps favori en faisant une élipse temporelle (oui j’ai des passe temps bizarre), et vous parler un peu de Shanghai vu que j’ai eu l’occasion d’y mettre les pieds pendant quelques jours afin de visiter Peter Kong que je me dois encore de remercier pour le rêve en barre qu’il m’a vendu pendant ces quelques jours.

Après une arrivée au milieu de Smog shanghaien, j’ai pu, tant bien que mal me trouver un taxi. Le chauffeur ne parlait pas anglais et mon chinois étant un peu rouillé on a eu du mal à s’entendre. Après avoir demandé à une dizaine d’autres chauffeurs s’ils comprennaient où je voulais me rendre (j’avais marqué l’adresse sur un bout de papier et elle était exacte donc j’ignore pourquoi il ne m’a ps compris), nous avons embarqué dans le taxi de la mort. Le 35 minutes qu’ont duré le trajet seront imprimé dans mon esprit à tout jamais. Lancé à 150 km/h au milieu de Shanghai sans jamais s’arrêter, le taxi, sans ceintures de sécurités et vitres grandes ouvertes roulait à tombeau ouvert dans la ville enbrumée dont je découvrais les lumières pour la première fois. Parvenu à la résidence de Peter, je parvînt à trouver celui-ci et nous partîmes aussitôt manger une soupe chinoise au boeuf. Les jours suivant, nous visitâmes pas mal de trucs (Yu Garden, Temple Bouddhiste absolument magique, Bund (jour et nuit)). J’ai pu découvrir Din Tai Fung, une chaîne de dumpling taïwanais absolument parfaits que je vous recommande si vous en trouvez. Je ne vais pas tout décrire parce que ces quelques jours furent bien trop intense pour tenir en quelques lignes et vais donc terminer ce long article par un petit moment de sérénité chinoise. La cérémonie du thé dans un temple confucianiste par un paisible dimanche matin au milieu de Shangai.

Ce bon vieux Confucius 

 

Qui dit temple dit marchands du temple: 

Un vrai caillou baptisé: Les larmes des tigres et dragons

Le local à poubelle derrière une flaque:

La cérémonie du thé:

Et pour terminer cet article, le légendaire crépuscule pourpre coréen (malheureusement  j’ai pas pu avoir de meilleure photo) 

La gifle

Depuis que je suis arrivé à Séoul j’ai visité de nombreuses choses, puis je suis rentré dans une routine. J’ignore si le terme peut s’appliquer à mon cas et avant que vous ne vous mépreniez, sachez que je n’ai pas cessé une seule seconde d’être étonné par ce qui m’entoure. C’est déjà le cas dans un environnement familier. Mais ici à Séoul, dans une civilisation différentes où toutes choses changent, cet effet est décuplé. Ce que je nomme “routine” peut donc être qualifié de niveau d’étonnement constant ou normal.

Mais parfois la surprise est telle que les mots manquent et on se surprend alors à rentrer dans une transe contemplative dont Aristote ferait probablement l’éloge. Je suppose qu’on appelle ça une gifle. J’ai donc pris des photos et je pourrais vous les montrer. Mais avant, je vais m’essayer, je me dois d’essayer, à l’exercice de la description parce que si une image peut épargner bien des mots, hélas, elle ne peut remplacer la présente harmonie d’un lieu et ce qu’on éprouve en étant le témoin d’un tel spectacle.

Cet évènement est donc survenu il y a quelques jours lors d’un “field trip”, c’est à dire une journée passée avec les membres de HUG afin de découvrir la Corée et je pense pouvoir dire que cette journée à atteint son objectif haut la main.

Après avoir mangé ensemble et visité un jardin, nous nous sommes mis en route pour le temple bouddhiste de Yongmun-sa perché sur des côteaux à environ deux heures de Séoul. Arrivés dans la vallée nous avons traversé une zone touristique totalement inintéressante (souvenirs, vendeurs de churros…). On sort de cette zone par une porte d’architecture typiquement coréenne.

Franchi ce portail, on évolue alors dans une vallée sur un chemin longeant une rivière qui s’écoule paisiblement en contrebas et de laquelle émane une paisible mélodie accompagnée par le chant des oiseaux, invisibles dans la forêt qui entoure le chemin. Celui-là est bordé par des centaines de monticules de pierre sortis de terre et projetant cette scène, qui pourrait sembler de prime abord banale, dans une autre dimension. Ces monticules sont les témoins des visiteurs de la vallée depuis des centaines d’années. La tradition veut que lorsqu’on complète un monticule sans l’écrouler l’un de nos voeux sera exaucé. Ces odes à l’éspérance ornent l’orée des bois de part et d’autre de la rivière et ont eu raison de la nature en rayonnant sur les branches de certains arbres où au milieu du cours d’eau. C’est alors que la colline se dégage et qu’apparaît soudainement le géant masqué jusque là par ses frères. Le plus grand gingko d’Asie de l’Est se cache en contrebas du temple.

Les 60 mètres de cette solennelle sentinelle imposent au visiteur le respect requis pour entrer dans un tel lieu. Brun aux reflets gris dans la lumière du soleil, l’arbre s’est défait de ses feuilles et de son impressionnante stature se dégage un sentiment de faiblesse et de lassitude entretenu pas l’hiver tardif qui n’a pas la volonté de s’effacer pour rendre au Gingko sa parure. Les branches nues semblent en ce jour n’avoir jamais porté de feuilles et l’écorce, flétrie par endroit, complète le portrait de cet arbre; ride d’un vieillard passif regardant les rites des pousses affairées à ses pieds à rendre hommage à la nature et à la présence d’un tel être parmis elles.

Les escaliers pour accéder au temple se trouvent derrière le géant. Une fois monté ces quelques marches, le visiteur parvient sur une place. bordée par plusieurs bâtiments. A droite s’élève une pagode accompagné par la sculpture d’un bourgeon efflorescent dont le détail de la fleur rompt avec la nudité des feuilles, exemptes des nervures qu’on pourrait attendre d’un tel ouvrage. Derrière la fleur se trouve un petit pin, seul végétal de la place qui apparaît comme le seul être vivant des lieux et dont l’épanouissement des épines contraste avec le Gingko. Derrière se trouve une cloche de bronze, déjà visible depuis le chemin pour parvenir au temple. Le premier bâtiment visible depuis ce même chemin est un clocher. Le bâtiment respecte toutes les règles de l’architecture coréenne et est très finement décoré depuis les tuiles de la console jusqu’aux colonnes. La cloche, identique à celle qui se trouve dehors est très finement ciselée et peut résonner dans la vallée par l’intermédiaire d’un tronc, suspendu par deux cordes et qui officie en martellant le bronze tel un bélier. 

Face à la cloche, sur le flanc de la colline se trouve une fontaine  dont le léger gargouilli, seul bruit sur la place à mon arrivée, marquait l’écoulemment paisible du temps en ce lieu tranquille. Dans le bassin se trouve une tortue en métal. Comme la majorité des fontaines en Corée, celle-ci fait office de fontaine à voeux. Si en jettant une pièce on parvient à la faire tomber sur la tortue sans qu’elle en glisse pour se retrouver au fond de la fontaine, alors le voeu sera exaucé.

Les trois autres bâtiments sont des lieux de prière. Aussi finement décorés, leurs consoles courbes aèrent la place et semble faire la révérence au visiteur se trouvant au centre de celle-ci. Sur le côté se trouvent deux passages. Des escaliers, bordés de monticules de pierres porte bonheur, mènent à une placette en amont où sont présents d’autres lieux de prière.

L’autre chemin mène à l’envers du décors. la cours, un peu sale, dans laquelle se trouve des tuyaux, des sacs divers, une voiture et des outils permet d’accèder à 4 bâtiments fermés par de simple panneaux de bois coulissant. Dans un style beaucoup plus simple mais toujours traditionnel, ces bâtiments offrent la vue sur l’autre versant de la colline ou serpente un autre chemin, identique à celui que j’ai emprunté pour parvenir au temple. Coeur de la vie du temple, de la fumée s’échappe des cheminées et l’odeur de l’encens qui flottait aux abords du bâtiment principal de la grande place est ici remplacée par l’odeur du ramen. Des fours extérieurs et de grandes jarres coréennes contenant un peu de tout, sont abritées sous un appenti en bois et en tôle, alienne construction dans ce cadre traditionnel.

Evoluant seul parmis les visiteurs dans ce temple, je n’ai cessé de contempler l’harmonie émanant du lieu et la quiétude qui l’accompagne. Peut être cela est-il du au fait que c’était la première fois que je visitai un temple bouddhiste, peut être que c’est parce que ce lieu représentait pour moi la chance que j’avais d’être en Corée par une magnifique journée, bonheur s’affichant sur mon visage par un large sourire du début à la fin de la journée. Peut être était-ce un peu des deux.

Je relis les derniers paragraphes écrits et je réalise que je n’ai pas tout décrit en profondeur. Néanmoins j’ai décrit tous les éléments qui ont contribués à ce sentiment d’harmonie éprouvé durant cette journée et aucunes photos ne sauraient décrire cela. Finalement, les mots peuvent épargner bien des images.